Anne-Laure Bonnet, véritable incarnation de la complémentarité entre le journalisme et la solidarité

Dakhla – L’une des journalistes et animatrices phares de la chaine Bein sports, Anne- Laure Bonnet officie sur la chaîne sportive depuis 2013, et anime l’émission club Europe de l’actualité du football européen.

Ayant travaillé en Italie, au Brésil et en Espagne, Bonnet a découvert d’autres cultures et d’autres modes de vie, a appris à partager un vrai goût pour la solidarité et à incarner cet esprit partout dans le monde.

Considérant le journalisme comme une vraie richesse, l’animatrice française a dévoilé que son métier lui a permis d’ouvrir les yeux sur les autres, d’aborder les gens et de raconter leur histoire et leurs situations “parfois difficiles”.

Fortement convaincue de la complémentarité entre le journalisme et la solidarité, Anne- Laure ne cesse de porter les valeurs de solidarité, de soutien et de partage là où elle accomplit ses missions de journaliste. Pour elle, lorsqu’on est journaliste, on a la chance de voyager partout dans le monde et on se rend compte de certaines situations “qu’on n’imaginait peut-être pas dans notre petit confort”.

“Il a fallu que je découvre certaines situations, grâce à mon métier, et j’ai commencé à faire le travail solidaire notamment lorsque j’étais au Brésil”, a-t-elle confié à la MAP, racontant qu’elle a découvert la situation d’enfants, livrés à eux-mêmes, ce qui l’a incité à militer au sein d’une association qui se charge de ces enfants.

Mme Bonnet a révélé avoir fait du travail solidaire au quotidien, via son engagement et son bagage médiatique, apportant ainsi aux associations de l’appui pour redorer leur image et améliorer leur communication.

“Je travaille actuellement avec une ONG qui aide les enfants à se développer, à apprendre à respecter les règles, à respecter et soutenir les autres, à s’entraider”, a-t-elle lancé, se disant fière de pouvoir contribuer au bien-être des autres, elle, qui considère que le partage et le soutien “définissent réellement l’être humain”.

Concernant sa participation à la sixième édition du raid solidaire féminin “Sahraouiya”, la journaliste et animatrice française a affirmé que sa participation est la première en son genre et qu’elle l’a fait sans hésitation. “Sahraouiya est un raid féminin et solidaire, et c’est parmi les choses qui me caractérisent”, s’est-elle réjouie.

Bonnet s’est dite impressionnée par Dakhla, ville accueillante aux paysages magnifiques et aux habitants adorables, qui l’ont entouré de chaleur et d’affection. Donc il est nécessaire de “rendre à cette ville captivante ce qu’elle mérite, de la solidarité, du partage et du soutien”, a-t-elle estimé.

“J’ai rencontré ici des femmes extraordinaires, qui racontaient des histoires personnelles. J’ai beaucoup apprécié l’esprit d’entraide entre toutes les équipes, toutes engagées pour une vocation sociale noble”, a-t-elle fait valoir, saluant ces femmes engagées qui accomplissent des actions de solidarité en faveur de leur société, qui resteront gravées dans la mémoire et qui forcent l’admiration.

Pour Anne-Laure, aider et soutenir, “c’est surtout aider les autres à donner le meilleur d’eux-mêmes, de se dépasser, de devenir meilleurs”. C’est idéalement ce que font les femmes marocaines, qui dépassent quelquefois des conditions difficiles pour évoluer et s’auto-affirmer à travers la lutte, l’affection et la combativité.

Source : Bassma Rayadi / MAP

Raid Sahraouiya 2020: cinq questions à Mme Baibanou, la 1ère alpiniste marocaine à réaliser le challenge des 7 sommets

Dakhla-Mme Bouchra Baibanou, la première alpiniste marocaine à réaliser le challenge des 7 sommets et la première femme de l’Afrique du Nord à avoir escaladé le plus haut sommet du monde “Everest”, évoque, dans une interview accordée à la MAP en marge de sa participation au raid solidaire féminin “Sahraouiya”, son expérience dans le challenge des 7 sommets, de son travail en tant que présidente du comité féminin à la Fédération royale marocaine de ski et sports de montagne (FRMMSM), ainsi que sa participation à la “Sahraouiya”.

Comment est venue l’idée du challenge des 7 sommets ?

Le début était de Toubkal, le plus haut sommet du Maroc. En y arrivant, j’avais senti de fortes émotions et j’ai découvert ma passion pour l’escalade des sommets. Après, j’ai gravi tous les sommets du Maroc, avant de décider, en 2011, de tenter cette expérience à l’étranger, en escaladant la montagne Kilimanjaro (5.895 mètres), ma première destination africaine qui m’a incité à commencer l’aventure des 7 sommets.
J’ai pu réussir ce challenge après huit années de persévérance et d’engagement, devenant ainsi la première alpiniste marocaine à réaliser le challenge des 7 sommets.

Quelles étaient les difficultés rencontrées lors de cette aventure exceptionnelle ?

J’ai rencontré plusieurs difficultés, dont la perception de la société qui considère la femme comme une femme au foyer qui ne doit pas s’éloigner de sa famille pour une longue durée pour vivre une telle aventure. J’ai aussi trouvé quelques difficultés à convaincre mes parents de mon rêve, qu’ils trouvaient drôle et anormal. Mais après, tout a changé, l’avis de mon entourage a changé et leurs doutes et critiques se sont transformées en un sentiment de fierté. C’était l’un de mes objectifs. Pour mon mari, il me soutenait durant tout mon parcours. Il m’a accompagné dans plusieurs sommets du Maroc et nous avons escaladé ensemble le sommet de Kilimanjaro.
Outre les difficultés relatives à la préparation physique à ce défi, qui exige d’excellentes conditions physiques, j’ai rencontré des difficultés d’ordre financier, puisqu’il est nécessaire de chercher des sponsors et de les convaincre de mon rêve et de mes capacités à réaliser ce projet coûteux. Ces difficultés m’ont motivé à réaliser ce challenge en huit ans, alors qu’il pouvait être réalisé dans un délai plus bref. Ces contraintes m’ont poussé à m’attacher plus à mon rêve, à ne pas lâcher et à prouver au monde que la femme, en général, et la femme marocaine, en particulier, est capable de relever les défis quelle que soit leur ampleur.

Comment évaluez-vous votre expérience d’aide des filles à escalader les montagnes ?

A vrai dire, les filles sont de plus en plus intéressées par ce sport. Dans mon association “Delta Evasion”, on remarque une présence continue et en croissance des femmes et des filles. C’est une bonne expérience, parce qu’on renforce les filles à travers le sport, en leur permettant de doper leur confiance en elles, à remonter les challenges et à aller de l’avant. Nous organisons ainsi des ateliers de formation sportive, de marche et d’escalade de montagnes et dans le cadre du travail du comité de la FRMSSM que je préside, on
organise le “Challenge Toubkal goals”, une compétition d’escalade du sommet de Toubkal au profit des filles.

Comment était votre expérience à la Sahraouiya 2020 et comment est-elle différente du challenge des 7 sommets ?

La Sahraouiya est une compétition magnifique. C’est une occasion de rencontres en faveur de causes sociales différentes. Le raid Sahraouiya est un challenge très dur parce que nous devions parcourir 20 à 30km quotidiennement, à travers plusieurs épreuves, dont la course, le canoë, le VTT,… et la compétition en binôme permet d’apprendre l’esprit d’équipe et de répartir les tâches.
Avant de parler des différences entre les deux challenges, j’évoquerai les points en commun, à savoir la force mentale. Les deux compétitions nécessitent une grande capacité de résistance et de patience, tandis que la différence est que “Sahraouiya” est une compétition entre plusieurs équipes et l’escalade des montagnes et un défi personnel, peu importe le temps d’arriver, l’essentiel est d’arriver au sommet.

Un mot adressé à la femme marocaine:

Mes grandes salutations à la femme marocaine, qui donne beaucoup à sa famille et sa société. J’invite toutes les femmes marocaines à être fières d’elles, à croire en leurs capacités, à développer leurs compétences, à être heureuses et à réaliser leurs rêves et leurs ambitions, même s’ils apparaissent inaccessibles.

Source : Bassma Rayadi / MAP